Les tournois

Année 2010/2011

Le tournoi est fini!

L'heureux gagant est...

SODERLING!

 

Söderling: "Devenir N.3"

 

Le premier titre en Masters de Robin Söderling réveille ses ambitions. Désormais N.4 mondial à l'heure de rallier Londres pour jouer la Masters Cup, le Suédois sent qu'à 26 ans, il peut jouer les premiers rôles n'importe où. Et bousculer le Top 3 mondial...

Que ce soit sur une surface lente ou rapide, Robin Söderling se sent bien. Ses grands coups droits à plat, sa régularité au service, mais aussi la grande maîtrise de ses nerfs lui ont permis de remporter le plus beau titre de sa carrière à Bercy. Un succès qui arrive à pic pour le Suédois. Celui-ci attendait cette "délivrance" depuis un an et demi. Depuis qu'il a émergé sur le devant de la scène en mai 2009 en atteignant la finale de Roland-Garros pour la première fois. Avec Paris comme ville-étape dans sa carrière, c'est presque logiquement que Bercy lui ouvre les bras pour lui apporter son premier Masters 1000, comme ce fut le cas pour Tomas Berdych en 2005, Nikolay Davydenko en 2006 ou encore Jo-Wilfried Tsonga en 2008, pour ne prendre que les derniers.

A une semaine de disputer sa deuxième Masters Cup à Londres, Robin Söderling voit son capital confiance gonfler un peu plus, même s'il sait que la surface ultra-rapide de Bercy ne sera pas présente toutes les semaines. "Ce qu'on retient, ce sont les vainqueurs, pas les finalistes", déclare-t-il d'ailleurs, lui qui, grâce à ce succès, va chiper lundi le quatrième rang mondial à Andy Murray, relégué au cinquième pour la première fois depuis le 26 avril. "A Londres, il faudra jouer tous les meilleurs où chaque match est potentiellement une finale de Grand Chelem. Alors il faut énormément de confiance. Ce peut être l'une des clés".

"Ce qu'on retient, ce sont les vainqueurs"

Ces clés, le protégé de l'ex-N.1 mondial Magnus Norman a envie de trouver les bonnes serrures qui vont avec. Celles qui lui ont permis déjà d'être le premier Suédois, depuis Thomas Enqvist en 2000, vainqueur d'un Masters 1000... Avant d'aller plus haut ? "Je sais maintenant que je peux réussir sur toutes les surfaces. Les meilleurs joueurs, ceux du Top 10, sont capables de bien jouer sur toutes les surfaces", analyse Söderling. Le Suédois estime que sa "trajectoire va dans le bon sens". "Cette victoire veut dire beaucoup, parce que maintenant je sais que je peux réussir sur toutes les surfaces. Les meilleurs joueurs, ceux du Top 10, sont capables de bien jouer sur toutes les surfaces."

Avant sa première finale heureuse à Bercy, il n'avait joué que deux demi-finales en Masters 1000 à Indian Wells et Miami cette saison. "Rafael Nadal, il y a quelques années, était surtout bon sur terre battue et maintenant il joue bien partout. C'est pour cela qu'il est N.1 mondial", rappelle-t-il. Söderling viserait-il ainsi la postérité ? "N.5, ce n'est déjà pas mal. Donc N.4 c'est encore mieux. Maintenant mon but est de devenir N.3." Pour franchir ce cap supplémentaire, il sait donc ce qu'il lui reste à faire, à commencer par étoffer son palmarès, celui du Suédois (6 titres) étant le plus faible des joueurs du Top 8 mondial présents à Londres, après Tomas Berdych (5).

 

 

 

 

 

Les turbulences de Monfils

 

Gaël Monfils a souffert, il a même perdu sa deuxième finale de suite à Bercy. Et pourtant, le Français progresse et impressionne. Capable de parler avec lucidité de ses faiblesses, il s'engage comme Michaël Llodra dans une perspective à long terme. L'apprentissage continue pour le N.1 français.

STABILISATION EN COURS

12e mondial à 140 points de son pote Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils va terminer l'année un petit rang au-dessus de celui qui était le sien le 4 janvier 2010. Descendu 20e fin juin, il redevient N.1 français et peut s'asseoir sur 20 victoires lors de ses 25 derniers matches, et ses trois victoires de suite sur des "Top 10" cette semaine. Ces quelques chiffres devraient rassurer les plus sceptiques des observateurs de la trajectoire Monfils. Mais ils ne témoignent que du happy-end d'une saison aussi tumultueuse qu'un vol Paris-Guadeloupe à travers un ouragan. Ou qu'une semaine à Bercy !

Depuis l'US Open, tout le monde, et particulièrement ses adversaires, n'ont qu'un mot à la bouche : "stabilité". Ivan Ljubicic disait à Montpellier : "Gaël a joué avec beaucoup de régularité, ce qui n'est pas habituel chez lui." Roger Federer se demandait : "Est-ce qu'il est plus stable? C'est possible". Et Gaël lui-même convenait lors de sa dernière conférence de presse : "Je pense que j'étais plus stable, j'ai peut-être passé un palier". Il y a de l'ironie chez le Croate, de la curiosité chez le Suisse, et un peu d'incrédulité chez Monfils... Souvent spectaculaire mais plus mesuré dans l'expression de ses sentiments sur le court, Monfils "tient" de mieux en mieux son tennis, c'est évident. Il lui reste cependant encore du chemin à faire.

"JE RESTE BIZARRE..."

Contrôler ses émotions sur le court, c'est une chose. Se renier totalement en est une autre. Et Monfils n'est pas prêt de changer de vie ni de caractère. C'est un aspect fondamental de cet "athlète" hors du commun que Richard Warmoes, son premier véritable entraîneur, nous avait confié : "Monfils veut se construire tout seul, en prenant en compte ses défauts", disait-il en substance.

Ainsi peut-on expliquer qu'il soit capable, depuis deux mois et demi, de rester concentré tout un match, et qu'il soit assez lucide et honnête envers lui-même et le public pour déclarer, après sa victoire sur Roger Federer : "Ce côté imprévisible, c'est ça qui est chiant chez moi. Même si je suis plus stable qu'avant, je reste bizarre !" Et après sa deuxième finale perdue à Bercy : "Encore une fois, j'apprends. [...] Aujourd'hui, je suis arrivé en retard au stade. [...] J'étais trop speed, moins de temps, moins d'étirements. [...] Cela montre que la première fois que j'arriverai à gagner une grande finale, c'est parce que j'aurais fait tout bien de A à Z."

LLODRA, MONFILS, MÊME COMBAT

Monfils, c'est une certaine idée de la perfection ("tout réussir de A à Z" donc, ou encore "la plus belle victoire ce sera quand je gagnerai Roland-Garros"), et une certaine idée de la désinvolture. Comme s'il fallait faire son métier de jeune homme pour grandir sur un circuit d'une exigence extrême. "Je suis sportif professionnel par hasard", a-t-il glissé dimanche en évoquant les sports qu'il pratique volontiers pour s'amuser en vacances. Et "l'humain" compte tout autant que la technique.

Techniquement, justement, le Français a prouvé qu'il pouvait se montrer plus volontaire vers l'avant, tout en faisant comprendre que ce n'était pas encore un acquis. Comme la plupart des joueurs français à l'exception de Jo-Wilfried Tsonga, qui joue plus instinctivement vers l'avant, et Gilles Simon, avancer sur le court est un travail à faire sur soi-même. Même Michaël Llodra, serveur-volleyeur, expliquait que c'était un chantier pour lui. Pour l'anecdote, il est amusant de constater que Llodra avait finalement plus le jeu pour gêner Robin Söderling cette semaine que Monfils... Gaël continue d'apprendre, il le revendique : "Je cherche, j'apprends, c'est bien."

On retiendra essentiellement, du Bercy des Français, qu'en pratiquant un très bon tennis mais sans être exceptionnel, Llodra et Monfils ont su garder la même attitude pour dresser le même constat : à la fois le sentiment d'avoir tout donné (ou "puisé" en profondeur), et celui de se savoir perfectible et ambitieux. Ce qui leur ouvre des horizons qui dépassent de loin la finale de la Coupe Davis. Cela ne doit pas occulter que la rencontre à Belgrade sera le plus grand rendez-vous de leur carrière. L'expérience de cette de fin de tournoi devrait leur permettre de relativiser l'effort à fournir. "Mentalement, je me suis fait violence toute la semaine, c'est ce que je vais essayer de retrouver à Belgrade", conclut Gaël.